Le Larousse nous dit : « Le courage, c’est  la fermeté, la force de caractère qui permet d’affronter le danger, la souffrance, les revers, les circonstances difficiles ».  Mais, la force de caractère, qu’est-ce que c’est ? Une autre définition (*) souligne les qualités qu’un être humain doit pour cela mettre en jeu : « Le courage, c’est l’énergie d’être soi. La  capacité à nous affirmer individuellement en tant que personne, indépendamment du regard des autres ».

 Trois types de situations sollicitent, en général, dans l’entreprise, une forme de courage de la part du manager : l’opposition à la hiérarchie, la confrontation avec un opposant non hiérarchique mais disposant d’un pouvoir plus grand que le sien, quelles qu’en soient les raisons (collaborateur, collègue, partenaire social, client, fournisseur…), et le recadrage d’un collaborateur. Les deux situations qui nous intéressent ici sont celles où le manager se sent en position d’infériorité en termes de pouvoir. La question qui se pose est de savoir pourquoi il est si difficile, pour des managers dont la morale n’est pas à remettre en cause, de s’opposer à certaines situations ou même simplement de se confronter à leur hiérarchie?

Pour comprendre comment le courage se manifeste, il faut comprendre le phénomène inverse, celui de la peur, de la soumission à l’autorité et au pouvoir, tout en sachant qu’il existe chez l’homme une propension naturelle à se soumettre à l’autorité. Dans le règne animal, la soumission du plus faible provoque une inhibition de la violence du plus fort, ce qui favorise une régulation des rapports de force. La soumission est donc utile individuellement et « socialement ». Comme on le pressent, le courage va donc être de trouver un équilibre difficile entre nos exigences morales et les exigences d’une autorité extérieure. Et cela, sans céder à la facilité d’un abandon de sa propre responsabilité et en évitant le refus d’obéissance qui implique la mobilisation d’énormes ressources intérieures.

Le juste milieu nous paraît tenir dans une tactique d’affichage de nos convictions morales –illustrées si possible par l’exemple- nous mettant en position de rappeler notre droit moral à refuser ou à discuter certaines pratiques. Ainsi, dire et montrer que nous ne sommes pas corruptibles nous autorise à refuser de mettre en place certains passe-droits. Au-delà de l’intention, la désobéissance mène au passage à l’acte. L’effort psychique qu’elle demande est tel, que, pour en faire le choix, il faut que l’individu soit soumis à une pression plus forte encore venant de son sens moral, de la conscience qu’il a de lui-même en tant qu’individualité, de la réflexion qu’il aura menée pour définir le rôle qu’il entend exercer et l’image de lui qu’il souhaite offrir aux autres et définir le prix qu’il est prêt à payer pour préserver l’estime de soi.

Il lui sera plus facile alors d’emboiter le pas à Georges Clémenceau qui pensait que, dans la vie, « Il faut savoir ce que l’on veut. Quand on le sait, il faut avoir le courage de le dire ; quand on le dit, il faut avoir le courage de le faire ».

 (*)Trouvée anonymement sur un blog d’internet

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